Édito

Ce site, je l’ai déclaré dès le 7 mai 2012, lendemain de la victoire de François Hollande à la présidentielle. Je rentrai de la Bastille la veille et je me suis réveillé dans l’euphorie et l’espoir.

J’ai été acteur, à ma place, de cette victoire : militant PS de longue date, référent de sa campagne pour les primaires dans le 9ème arrondissement de Paris, coordonnateur du pôle « recherche et enseignement supérieur » de Terra Nova pour préparer les propositions du candidat de gauche. J’ai été acteur dans le gouvernement qui a mis en place les premières mesures, comme conseiller ministériel.

Je savais qu’un quinquennat cela passe vite et qu’il faut dès le lendemain d’une victoire préparer la suivante.

Aujourd’hui, les temps sont durs et on ne sait de quoi sera fait l’avenir d’une candidature présidentielle à gauche.

J’ai trouvé que le discours récent de Hollande le 3 mai dernier au Colloque la Gauche et le pouvoir, passé presque inaperçu, dresse un panorama de ce qu’est la gauche, des axes d’action suivies depuis 2012 et du sens du sens du mandat en cours.

Quel que soit le candidat ou la candidate autour de qui la gauche devra se rassembler, il faudra avoir en tête notre histoire et nos valeurs, qui animent encore les militants et sympathisants de gauche qui n’ont pas baissé les bras pour une victoire en 2017.

Alexandre AIDARA

Militant PS, Ile de France


Discours de François Hollande au Colloque La Gauche et le Pouvoir

Paris – mardi 3 mai 2016

Monsieur le Premier ministre, cher Manuel VALLS que je retrouve ici avec plaisir,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Messieurs les Présidents des fondations à l’initiative de ce colloque,

Mesdames et Messieurs,

Vous n’avez pas choisi cette date par hasard, j’en ai bien conscience, elle correspond au 80ème anniversaire de l’avènement du Front populaire, 35 ans aussi après la victoire de François MITTERRAND en 1981, 20 ans ou presque après le succès de Lionel JOSPIN aux législatives de 1997 et quatre ans après mon élection. Autant d’anniversaires, heureux pour certains, je le sais, malheureux peut-être pour d’autres, mais des dates qui, d’une certaine façon, sont dans l’Histoire.

Voilà ce qui permet et je crois que c’était l’intention - Gilles FINCHELSTEIN y est revenu - de faire des comparaisons utiles dans le temps, dans l’espace et de tirer des leçons pour aujourd'hui. Je ne m’aventurerai pas sur le terrain de savoir si le Gouvernement français est le plus à gauche d’Europe et même du monde, je ne voudrais vexer personne ou surtout n’inquiéter personne.

C’est souvent une réflexion que l’on a fait durant les périodes où précisément la Gauche française a été au pouvoir. Elle a dirigé la France à plusieurs reprises sous trois République et rien que sous la 5e, c’est la 4ème législature. L’œuvre transformatrice est impressionnante et elle n’est d’ailleurs pas autant discutée qu’il y paraît. La preuve, c’est qu’une grande partie de ce qui a été fait dans cette Histoire n’a jamais été défait.

Puis, il y une donnée qui unit l’ensemble de ces périodes, pourtant dans des circonstances très différentes, c’est que jamais la Gauche n’a été appelée à la direction du pays sans qu’il ait été lui-même saisi de grandes difficultés intérieures ou extérieures et parfois par les deux.

La Gauche n’a jamais accédé au pouvoir par une mer de tranquillité, sous un ciel de sérénité et par temps calme et c’est parce la Nation vit des épreuves qu’elle y arrive, la Gauche au pouvoir. C’est parce que face aux épreuves les autres n’y arrivent pas, qu’elle y parvient. Ainsi si on regarde l’Histoire, c’est dans une France plongée dans une grave crise économique, dans une Europe déjà à feu et à sang que se constitue le Front populaire. Si en 1981, bien plus tard, la France choisit l’alternance en portant François MITTERRAND à la Présidence de la République, c’est parce qu’elle est profondément marquée, bousculée même par deux chocs pétroliers qui ont dégradé la balance commerciale, provoqué une montée du chômage et porté l’inflation à plus de 15 %.

Plus près de nous, j’ai à l’esprit la situation économique et budgétaire de 1997, avec un déficit très loin du seuil requis pour être au rendez-vous de la monnaie unique. Le Gouvernement d’alors avait élaboré un plan d’austérité et suggéré au Président de la République de l’époque de dissoudre l’Assemblée nationale en vue de sa mise en œuvre. C’est ainsi que la Gauche, autour de Lionel JOSPIN, est arrivée aux responsabilités.